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      Etude d'une équation de Pell : |a² - 3b²| = 1

L'équation en (a;b) (N)² : |a² - 3b²| = 1 : (P)   peut s'effectuer en utilisant des outils qui ne dépassent pas le cadre d'une classe de terminale S.

La partie la plus simple est l'étude de "a² - 3b² = -1" .
Effectivement, si (a , b) est une solution entière de "a² - 3b² = -1" alors a² = -1 modulo 3.
Or, les carrés modulo 3 (ou dans Z /3Z) sont : 0 et 1 car 0² = 0 , 1² = 2² = 1 modulo 3.
Donc, comme -1 = 2 modulo 3, on en déduit que -1 n'est pas un carré modulo 3, donc que l'équation "a²-3b²=-1" n'admet aucune solution avec (a ; b) dans N² .

La partie "a²-3b²=1 : (P3)" est un plus délicate mais demande seulement des connaissances sur les suites géométriques, quelques principes de base d'arithmétique et un peu de patience.
L'équation (P3) peut s'écrire (a - b )(a + b) = 1
Comme les solutions cherchées sont (a ; b ) avec a et b entiers, on a bien sur la solution triviale ( a = 1 ; b = 0).
L'étude qui suit ne concerne que l'équation "a² - 3b² = 1" et a pour but de montrer que des résultats classiques sur ce style d'équation peuvent être obtenus sans de grandes connaissances.

Etude de a² - 3b² = 1.
Cette équation admet comme solution, en plus de (a = 1 ; b = 0) , la solution
(a = 2 ; b =1). De plus, si on appelle S l'ensemble des solutions de "a² - 3b² = 1" avec a et b entiers positifs, on voit que pour tout b dans N, il existe au plus un valeur a dans N telle que (a ; b ) soit dans S.
On peut donc ranger les solutions de "a² - 3b² = 1" suivant l'ordre croissant des b et par la suite, on dira que la solution (a ; b) est plus petite que la solution (c ; d) si b < d. Automatiquement, on a aussi a < d.

Les solutions de "a² - 3b² = 1" se présentent sous la forme d'une suite (an ; bn) avec
bn < bn+1.

Un simple calcul montre alors que :

a0 = 1

b0 = 0

a1 = 2

b1 = 1

a2 = 7

b2 =  4

Ce sont donc les plus petits couples solutions de l'équation " a² - 3b² = 1".

Résultat 1:
Si on pose Un = (2 + )n , alors Un = un + vn où un et vn sont deux entiers positifs tels que
(u
n ; vn) soit solution de " a² - 3b² = 1".

Démonstration:
Il suffit d'utiliser la formule du binôme. On sépare alors le développement de (2 +
)n en deux parties.
La première partie contient les exposant pairs de
, la seconde partie les exposants impairs de . On peut le vérifier par récurrence. On écrit alors (2 + )n = un + vn où  un et vn sont deux entiers positifs.

De plus, comme on constate sans difficulté, et pour les mêmes raisons, que :
                                                       (2 -
)n = un - vn
A partir de là, on a :  (un + vn)(un - vn) = (2 + )n(2 - )n = 1
D'où : un² - 3vn² = 1.

A ce stade, on voit déjà que l'équation "a² - 3b² = 1" admet une infinité de solutions qui sont les
(un ; vn).  L'ensemble des solutions de S de la forme (un ; vn ) sera noté U.

Résultat 2:
Si (a ; b) est solution de "a² - 3b² = 1" alors il existe un entier n positif tel que
                                                         (a + b
) = (2 + )n.

Démonstration:
L'ensemble des solutions de "a² - 3b² = 1" contient une infinité de solutions de la forme précédente
(u
n ; vn) . La suite (vn) est croissante.
Soit (a ; b) le plus petit élément de S à ne pas être de la forme (a = u
n ; b = vn) .
D'après les premières solutions données au-dessus, on doit avoir b > 4 et a  > 7.
Il existe donc un entier unique n tel que   v
n < b < vn+1 .  
On a donc,  u
n < a < un + 1.
De là , on peut dire que :  0 < u
n + vn < a + b < un + 1 + vn + 1

En divisant par 2 + , on obtient alors :

Comme a² = 3b² + 1  et b  > 4,  on a : a² < 3b²  + b²  = 4b²  donc,  (2b - a) > 0.
De même, a² > 3b² donc 3a² > 9b² et donc 4a² > 9b² d'où (2a - 3b) > 0.

De plus, un calcul sans difficulté montre que : (2a - 3b)² - 3(2b -a)² = a² - 3b² = 1. 

Le couple ( 2a - 3b ; 2b - a) est donc un élément de S plus petit que (a ; b).
D'après les relations (c) , ce couple solution n'est pas dans U. On a donc une solution plus petite que (a ; b), ce qui contredit le caractère minimal de (a ; b).
Donc, toute solution (a ; b) est bien de la forme (a = un ; b = vn). Ou encore S = U.
Donc, si (a ; b) vérifie " a² - 3b² =1 " alors il existe bien un entier n positif tel que
                                                (a + b
) = (2 + )n.

On peut considèrer alors l'équation "a² - 3b² = 1" comme résolue pour a et b entiers naturels. Des relations : (a + b ) = (2 + )n   et    (a - b ) = (2 - )n , on en déduit alors que:

L'ensemble des solutions (an ; bn) de "a² - 3b² =1", est donné par :
                                  

On peut remarquer que la relaion "a² - 3b² = 1" implique, d'après le théorème de Bachet-Bezout, que a et b sont premiers entre eux si a et b sont entiers > 0.
Les entiers an  et bn , pour n > 0 , sont premiers entre eux.

Résultat 3:
Les suites (a
n) et  (bn)  sont définies par les relations de récurrence :
                      " a
0 = 1 ;  a1 = 2 et pour tout n entier naturel , an+2 = 4an+1 - an "
                      " b
0 = 0 ; b1  = 1 et pour tout n entier naturel , bn+2 = 4bn+1 - bn "
Ceci se vérifie en utilisant les expressions an et bn en fonction de n.
On peut aussi remarquer que l'ensemble des suites réelles (Xn) vérifiant la relation :
                            "Pour tout n entier naturel , X
n+2 = 4Xn+1 - Xn "   (R1)
contient les deux suites géométriques (2 +
)n  et   (2 - )n  et l'ensemble des suites vérifiant (R1) est formé des combinaisons linéaires de ces deux suites géométriques.

Résultat 4:
Si on pose , pour n > 0, , alors la suite (x
n) converge vers .
On a donc une suite de fractions rationnelles irréductibles tendant vers
.
De plus,

Démonstration:
Le couple (a
n ; bn) vérifie l'égalité   | (an + bn ) (an  - bn )  | = 1.
On a donc  |(a
n - bn )| < 1 .  D'où : bn|xn - | < 1.
Comme la suite (b
n) tend vers +oo , on a alors la conclusion pour la limite de (xn) .
De plus,   | (a
n + bn ) (an  - bn )  |  =  bn² | (xn + )(xn -) | = 1 .
D'où bn² | xn -
| < 1 . D'où la conclusion pour l'inégalité.

Résultat 5:
La suite (xn) est décroissante à partir de n = 1 et l'inégalité du résultat 4: peut être améliorée. Pour tout n > 0 , on  a :
Ceci peut directement se voir en utilisant le fait que la suite (bn) est croissante ainsi que la suite (an + bn
) et que bn ( an + bn )(xn - ) = 1 .

Remarque: La suite (xn) est formée de réduites de .            

Pour avoir des renseignements plus généraux sur les Equations de Pell , cliquez ici!